INTER-SECTION, voisinage périphérique, une proposition de Yvannoé Kruger avec des artistes du Wonder, de La Volonté 93 et de POUSH

DU 23 OCTOBRE AU 6 JANVIER 2022

© bonjour garçon studio

Le Wonder – La Volonté 93 – POUSH

Pierre Clement, Alice Goudon, Roy Köhnke, Prosper Legault, Louise Mutrel, Boryana Petkova, Mario Picardo, Ittah Yoda

Commissaire d’exposition : Yvannoé Kruger

Des visites de l’exposition sont organisées tous les mercredis, sur inscription.

_

L’exposition INTER-SECTION a été pensée au croisement des rues qui séparent trois lieux de création contemporaine : le Wonder, la Volonté 93 et POUSH. Les artistes qui y travaillent ont dû s’approprier ces lieux avoisinants à peu près au même moment, il y a maintenant presque deux ans. Quelques 350 artistes y accostent un territoire qui n’avait jamais connu ça auparavant. Un territoire que l’on reconnaît parfois au détour des formes et des matériaux que les artistes emploient dans leurs œuvres. C’est cette identité commune qui les relie secrètement et les ancre dans un même contexte que cette exposition cherche à rendre visible.

INTER-SECTION étudie les trajets qui relient ces espaces de création autant que les interruptions dans ces traversées qui, comme des failles, font surgir des formes étranges, presque inquiétantes malgré leur origine commune. Cette exposition entend puiser dans le vocabulaire citadin et conçoit ainsi La vi(ll)e comme un mode d’emploi, pour prolonger la pensée de Georges Perec. Un traité sur le bon voisinage dans un quartier qui n’existe pas entre Clichy et Saint-Ouen, et que les artistes ont inventé autour d’engagements et d’esthétiques communes.

Ce trio conçoit l’espace d’exposition à partir de plusieurs regards interposés et à mains entrelacées. Cette exposition se penche sur les relations qui lient les êtres entre eux (Ittah Yoda), mais aussi sur celles qui les maintiennent isolés – comme les cages qui protègent les arbres de la ville, que Boryana Petkova réinvente en verre, et dans lesquelles l’artiste s’emprisonne pour y crayonner le mur, délimitant ainsi les limites de son propre corps et du vivant grillagé et contenu dans les espaces citadins.

Comment les artistes absorbent-ils la ville ? Et comment la digèrent-ils ? Comment la retracent-ils ou la recrachent-ils ? C’est souvent en puisant sous le périphérique et en créant à l’intérieur de bâtiments abandonnés, qu’ils retransmettent et transforment le paysage qui les entoure. Les néons du fleuriste définitivement fermé de Prosper Legault, les bâches de boucher de Mario Picardo, le camion de Louise Mutrel, les objets trouvés d’Alice Goudon sont autant d’éléments empruntés à l’environnement urbain qui sont ici réinventés. Leur présence d’ordinaire invisible nous oblige à les considérer et à retracer l’histoire de tous ces éléments architecturaux narratifs qui témoignent d’un monde qui se défigure, se reconfigure sans cesse. De leur côté, Pierre Clement et Roy Köhnke transforment l’espace même de la ville en un lieu d’étrangeté, où le visiteur est introduit à une esthétique quasi anticipative, proche d’un futur à la fois fantasmé et dystopique, puisant dans le réel et l’imaginaire pour nous inviter à rester attentifs à ces évolutions en peuplant ce monde de regards croisés et de gestes entrelacés.